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Iran : le retour des tensions fait grimper les risques pour les taux d’intérêt

Le conflit en Iran a repris de plus belle au cours de la dernière semaine. Cela est peu surprenant, puisque plusieurs dispositions du protocole d’entente (MOU) signé le mois dernier demeurent fortement contestées entre l’Iran et les États-Unis. Les hostilités ont repris en raison d’un désaccord concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, plus précisément sur le point 5 du MOU.

L’Iran accuse les États-Unis de faire circuler des navires dans les eaux territoriales d’Oman sans respecter le mécanisme de coordination que Téhéran estime nécessaire. Selon le gouvernement iranien, toute navigation dans cette zone devrait se faire en collaboration avec ses autorités. Ce différend s’annonce particulièrement difficile à résoudre.

Frappe sur les infrastructures civiles

Les États-Unis auraient frappé plusieurs infrastructures civiles en Iran, notamment des ponts, des centrales électriques et des installations de dessalement de l’eau.
En représailles, l’Iran aurait ciblé des centrales électriques et des installations de dessalement situées dans le golfe Persique, notamment au Koweït.
Des bases militaires américaines auraient également été visées, causant la mort de trois soldats américains.

Le détroit de Bab el-Mandeb

Les Houthis, soutenus par l’Iran, contrôlent la capitale du Yémen, Sanaa, depuis 2014. Le gouvernement yéménite, appuyé par l’Arabie saoudite, a récemment attaqué l’aéroport de Sanaa afin d’empêcher un avion iranien d’y atterrir, relançant ainsi les affrontements entre les différentes factions.

Les Houthis, avec l’appui de l’Iran, menacent maintenant de fermer le détroit de Bab el-Mandeb — la principale porte d’accès entre la mer Rouge et le golfe d’Aden — aux pays qu’ils considèrent comme leurs ennemis si le conflit continue de s’intensifier.

Depuis le début des hostilités, l’Arabie saoudite a redirigé plusieurs millions de barils de pétrole par jour vers ses voies d’exportation passant par la mer Rouge.

La fermeture du détroit de Bab el-Mandeb aurait des conséquences majeures pour l’économie mondiale, puisqu’une part importante du commerce maritime, des conteneurs et des exportations de pétrole y transite chaque jour.

Conséquences pour la Banque du Canada et les taux d’intérêt

Lors de sa dernière conférence de presse, le gouverneur de la Banque du Canada a indiqué que les tensions géopolitiques représentaient désormais le principal facteur susceptible d’influencer sa politique monétaire.

Pour le moment, la hausse du prix du pétrole n’a pas eu d’effet significatif sur l’inflation fondamentale. Toutefois, la Banque du Canada a précisé qu’elle surveillait cette situation de très près et qu’elle ne permettrait pas à une hausse durable des prix de l’énergie de se transformer en inflation persistante.

Si un tel scénario devait se matérialiser, cela pourrait entraîner une hausse du taux directeur, et par conséquent une augmentation des taux d’intérêt hypothécaires.

Conclusion

Il est à la fois positif et surprenant de constater que le prix du baril demeure sous la barre des 100 $ malgré le contexte actuel. Toutefois, la reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis, combinée aux tensions impliquant les Houthis et l’Arabie saoudite, augmente les risques d’escalade dans la région.

Plus ce conflit se prolongera, plus le risque de voir émerger une nouvelle vague inflationniste augmentera. D’ailleurs, plusieurs banques centrales à travers le monde ont déjà commencé à relever leur taux directeur.

La Banque du Canada suivra-t-elle le même chemin dans les prochains mois? Il est encore trop tôt pour le confirmer, mais les risques demeurent bien présents.

Dans ce contexte, il est plus important que jamais de discuter avec votre courtier hypothécaire afin d’évaluer les risques et les opportunités dans un environnement économique qui demeure particulièrement volatil.

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